Jobboom - IndexJobboom - Jobboom - Le Magazine - Édition novembre 2008 - Indexsecteurs en vedette | BIoPhArMACEUTIQUE
PAr catherIne Perreault-lessard
au nom de la science
L’industrie b i o p h a r m a c e u t i q u e e st m aL a d e : Le s i nve sti s s e u r s o n t f r o i d, Le s petites e ntr e p r i s e s sou ffr e nt
d’u n g r av e m a n q u e d e f i n a n c e m e n t et Le n o m b r e d e g r a n d e s déc o uve rte s e st au p o i n t m o r t. da n s u n
s e c t e u r m a L e n p o i n t, Le s c h e r c h e u r s o n t-iLs to u j o u r s La pas s i o n d e t r o u v e r La pi Lu Le m i r acL e?
Il est 8 h. Jacques Yves Gauthier,
maître de recherches principal en chimie
thérapeutique chez Merck Frosst, enfile
sa grande blouse blanche et ses lunettes
de sécurité. Il se dirige vers une pièce immaculée,
remplie à craquer de béchers,
d’éprouvettes et de matériel divers plus
sophistiqué que dans un cours de
chimie 584. «C’est mon labo, mes gens,
mon monde!» lance-t-il en présentant sa
caverne d’Ali Baba. «Ça fait 25 ans que je
travaille ici et ma passion pour la recherche
est toujours aussi forte.»
Titulaire d’une maîtrise en chimie organique,
Jacques Yves Gauthier a été recruté
par l’entreprise pharmaceutique alors
qu’il était encore sur les bancs de l’école.
Depuis son premier jour d’embauche,
le chimiste a consacré près du tiers de
son temps à la mise au point d’un seul et
même produit : Singulair, aujourd’hui l’un
des médicaments contre l’asthme les plus
utilisés dans le monde. «Trouver un médicament,
c’est exaltant! explique-t-il. Quand
on arrive au bout du processus, on se sent
un peu comme un entrepreneur qui regarde
la maison une fois terminée. Je souhaite à
tous les chercheurs de vivre un moment
comme celui-là dans leur vie!»
Très peu de chercheurs québécois peuvent
se vanter d’avoir connu l’exaltation de
la découverte dans leur carrière au cours
des dix dernières années. Depuis la mise
au point du 3TC (un composé anti-sida
créé par Biochem Pharma en 1995), les
grandes réussites se comptent sur les
doigts d’une main. «Il y a eu le Singulair
en 1998. Et on peut citer la compagnie
Labopharm qui a trouvé une nouvelle façon
de formuler le Tramadol pour une prise unique,
qui est administrée dans une vingtaine
de pays en Europe», note le directeur aux
politiques et développement stratégique
chez BioQuébec, Franck Béraud. «Malheureusement,
c’est pas mal tout.»
Josée Dostie, professeure et chercheuse à
l’Université McGill, dirige son propre laboratoire
en biochimie. Depuis les débuts de
ses recherches sur le génome humain, les
projets de la jeune femme de 35 ans n’ont
pas (encore!) mené à la commercialisation
d’un produit. Et elle ne s’en porte pas mal
pour autant. «Je ne rêve pas de trouver la
pilule magique! affirme-t-elle. Moi, ce que
j’aime, c’est tout le processus pour y arriver
: trouver de bonnes idées, faire des
expériences, partager mes résultats avec
les autres chercheurs… La recherche
scientifique, ça n’a pas de fin!»
«DAnS LES AnnéES
1990, C’éTAIT FACILE
D’oBTEnIr DES FonDS
DE LA PArT DES InvES-
TISSEUrS. AUJoUrD’hUI,
ILS vEULEnT DE MoInS
En MoInS PrEnDrE LE
rISQUE D’InvESTIr DAnS
L’InDUSTrIE, MêME SI
ELLE EST TrèS vIABLE.»
— CLAUDE LEDUC,
PréSIDEnT DE
BIoSYnTECh
Au laboratoire, comme à la maison, la biochimiste
ne décroche jamais. Elle pense
constamment à de nouvelles formules. «La
curiosité scientifique, ça fait partie de moi,
c’est toujours présent, dit-elle. Je vis pour
la science!» Même son de cloche du côté
de Jacques Yves Gauthier. Comme un
artiste en quête d’inspiration, il ne chôme
pas. «Dans mon sac de golf, dans ma voiture
et dans mon salon, j’ai plein de petits
papiers où je note mes nouvelles idées.
Dès qu’elles surgissent, je les écris!»
Inventer des dollars
Si les success stories sont de plus en plus
rares, c’est en partie à cause du manque
criant de financement dans l’industrie.
La recherche est un processus long et
carriere.jobboom.com/magazine
novembre-décembre 2008 vol9n°10
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