Jobboom - IndexJobboom - Jobboom - Le Magazine - Édition novembre 2008 - Indexsecteurs en vedette | BIOPhArMACEUTIQUE
PAr catherine perreauLt-Lessard
coûteux. Développer un médicament peut
prendre jusqu’à 15 ans et peut coûter
près de un milliard de dollars, selon le
président la compagnie de biotechnologie
Biosyntech, Claude Leduc. «Dans les
années 1990, c’était facile d’obtenir des
fonds de la part des investisseurs, dit-il.
Aujourd’hui, ils veulent de moins en moins
prendre le risque d’investir dans l’industrie,
même si elle est très viable.»
Pour les petites compagnies de biopharmaceutique
et de biotechnologie, les
conséquences de ce désengagement
sont graves. Tantôt elles doivent interrompre
leurs projets de recherche parce
qu’elles ne sont pas assez solides sur le
plan financier pour les mener à terme.
Tantôt elles doivent fermer leurs portes ou
conclure des alliances avec de grandes
compagnies étrangères pour terminer le
développement d’un produit à partir des
États-Unis ou de l’Europe. «C’est souvent
une des seules façons de survivre si elles
ne veulent pas se faire acheter au rabais
par de plus gros joueurs», affirme Claude
Leduc, qui a dû licencier une quinzaine
d’employés durant l’été.
«ChAQUE AnnÉE,
35 MILLIOns D’InDIEns
ET AUTAnT DE ChInOIs
OBTIEnnEnT Un
DIPLôME sUPÉrIEUr En
sCIEnCEs ET PEUvEnT
EFFECTUEr LE MêME
TrAvAIL QUE nOUs à
UnE FrACTIOn DU COûT.»
— JACQUEs YvEs GAUThIEr,
MAîTrE DE rEChErChEs
PrInCIPAL En ChIMIE
ThÉrAPEUTIQUE,
MErCk FrOssT
Le président de Biosyntech n’est pas le
seul dans son bateau. Plus de 60 000
abolitions de postes ont été annoncées
dans le monde depuis 2006 et plus
de 800 emplois ont été supprimés au
Québec en deux ans, selon le ministère
du Développement économique, de
l’Innovation et de l’Exportation. Tout n’est
pas perdu, cependant : le Ministère
estime que le nombre d’emplois a crû
de 34,1 % depuis 2001. Les entreprises
sont moins nombreuses, mais comptent
en moyenne plus d’employés.
Même si certains considèrent qu’un nuage
noir flotte actuellement au-dessus de l’industrie
biopharmaceutique, la directrice
générale de Pharmabio Développement,
Francine Gendron, reste optimiste. «Oui,
il y a une légère diminution du nombre
d’emplois en recherche et développement,
mais ça ne veut pas dire qu’il n’y en
a plus du tout! dit-elle. Il y a toujours des
entreprises qui embauchent, mais ce ne
sont peut-être pas les mêmes qu’auparavant.
Des compagnies comme Anapharm
et Algorithme Pharma recrutent constamment!»
La science avec un grand
stress
Dans une industrie en pleine mutation, les
chercheurs sont confrontés à de fortes
doses de stress. C’est le cas de Josée
Dostie. «La concurrence est grande pour
les demandes de fonds, explique-t-elle. Je
dois passer beaucoup de temps à remplir
de la paperasse pour obtenir du financement
et moins de temps dans mon laboratoire.»
Et lorsque la biochimiste reçoit
l’argent désiré, les résultats de ses expériences
doivent être à la hauteur si elle
veut pouvoir obtenir le même financement
l’année suivante.
C’est surtout l’atmosphère qui règne dans
la compagnie qui rend le travail moins
intéressant, soutient Claude Leduc. «Il
y a toujours un sentiment d’urgence qui
règne quand on travaille dans une petite
compagnie, dit-il. Quand on n’est pas performant,
on a l’impression de brûler l’argent
des investisseurs, et ce stress n’est
pas toujours facile à gérer. C’est pourquoi
les employés doivent se soutenir les uns
les autres.»
Employé d’une grande innovatrice,
Jacques Yves Gauthier se considère
comme privilégié de ne pas avoir à s’inquiéter
du financement de ses projets de
recherche. Le degré de pression n’est
pas moindre pour autant. «Le outsourcing
crée une pression énorme sur les chercheurs.
Chaque année, 35 millions d’Indiens
et autant de Chinois obtiennent un
diplôme supérieur en sciences et peuvent
effectuer le même travail que nous à une
fraction du coût, remarque-t-il. Depuis
cinq ans, je ne tente plus seulement de
faire avancer mes projets de recherche le
plus vite possible pour goûter aux joies de
la réussite, mais pour sauver ma job!» Il
a pourtant 25 ans d’expérience sous sa
blouse de laboratoire…
Les pLus
nombreux
du secteur
• Biologistes moléculaires
• Chercheurs en chimie
et en biochimie
• Chimistes
• Infirmiers
• Représentants
pharmaceutiques
• Techniciens
de laboratoire
• Techniciens
en santé animale