Jobboom - IndexJobboom - Jobboom - Le Magazine - Édition novembre 2008 - Indextournée générale
Te r m i n é e, l’é p o q u e o ù o n s avo u r a iT u n e lau r e n T i d e «Tab leTTe» eT ar r o saiT u n c o p i e u x r e pa s d’u n e b ouTe i lle
d e ba by du c k. da n s le s d e u x d e r n ièr e s déc e n n i e s, le qu é b e c a déve lo p pé u n e vér iTab le e x p e rTi s e d a n s le
d o m a i n e d e s a lc o o l s d u T e r r o i r. Fi d è l e s à n o T r e r é p u TaT i o n d e b o n s v i va nTs, le s n o u s s o m m e s m a i nT e n a n T
m a îT r e s d a n s l’a r T d e p r o d u i r e c i d r e s, b ièr e s, v i n s eT au T r e s li q u e u r s. de s p r o d u iT s q u i, à l’ap p r o c h e d u
T e m p s de s FêTes, s e g li s s e nT au s s i b i e n so u s le s a p i n qu e su r le s Ta b l e s. balad e su r la ro u T e de s a lc o o l s
d e c h e z n o u s.
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Mode de vie | boissons du terroir
PAr Mariève desjardins
Soif de vin
il y a plus de 500 ans, Jacques Cartier
remarquait la présence de raisins à l’état
sauvage sur ce qu’on appelle aujourd’hui
l’île d’orléans. il a toutefois fallu attendre
les années 1970 pour qu’on cultive enfin
la vigne au Québec. Aujourd’hui, une
soixantaine de vignobles sont implantés,
un nombre qui grossit chaque année. si
bien qu’à la route des vins, un circuit
touristique créé en 2003 et qui sillonne
les Cantons-de-l’est, s’est nouvellement
ajoutée la route des vins du sud-ouest,
en Montérégie.
La viticulture est donc en pleine expansion.
un miracle, surtout aux yeux de ceux
qui doutaient de la capacité de la vigne à
survivre à nos hivers rigoureux. Mais en misant
sur des cépages résistants au froid,
emmitouflés sous des buttes de terre
pendant l’hiver, les vignerons d’ici arrivent
à produire deux millions de bouteilles par
année, majoritairement des blancs, mais
aussi des rouges et quelques rosés.
«Le climat d’ici réduit la possibilité pour
les vignes de prendre de l’âge et de développer
une plus grande concentration de
sucre», explique Xavier burini, sommelier
et copropriétaire du bistro-cave à vins Les
trois Petits bouchons, à Montréal. «on ne
trouvera jamais des vignes centenaires au
Québec comme celles du roussillon, en
France. Les rouges québécois sont donc
des vins de soif, vifs et rafraîchissants.
notre terroir convient mieux aux blancs.
La palette des arômes est plus développée
de ce côté. Comme notre climat ressemble
à celui de la Champagne, je dirais
même que l’avenir est aux bulles.»
carriere.jobboom.com/magazine
novembre-décembre 2008 vol9n°10
Climat nordique oblige, une dizaine de
producteurs donnent dans le vin de glace,
un vin blanc liquoreux qui s’obtient à partir
de raisins gelés récoltés sur la vigne à des
froids intenses. Line et Jean Joly, du Vignoble
du Marathonien, situé à Havelock, en
Montérégie, sont les premiers Québécois
à avoir produit ce type d’alcool, très prisé
pendant le temps des fêtes. depuis 1994,
leur vin de glace a remporté de nombreux
prix, dont la médaille Grand or des Sélections
mondiales des vins — Canada
2007, le plus grand concours international
de vins en Amérique du nord.
Les restaurateurs sont de plus en plus
nombreux à faire une place aux vins québécois
sur leurs cartes, qui sont servis
dans les endroits aussi prestigieux que
le toqué! et le Club Chasse et Pêche. À
l’heure actuelle, leur chouchou est le vignoble
Les Pervenches, à Farnham, dans
les Cantons-de-l’est. non seulement
Michael Marler, le propriétaire, est l’unique
producteur de chardonnay au Québec,
mais il est aussi un des seuls à bichonner
ses raisins de façon biologique. ses vins
se trouvent sur une vingtaine des meilleures
tables et quand Xavier burini les fait
déguster à l’aveugle, ils sont régulièrement
mépris pour des crus français.
Malgré son élan, la viticulture locale souffre
d’un problème de distribution. «Le
Québec traîne de la patte par rapport
aux autres provinces canadiennes où les
vins locaux sont à l’avant-plan», se désole
Charles-Henri de Coussergues, responsable
du Vignoble L’orpailleur et président
de l’Association des vignerons du
Québec. «Presque toutes les 180 millions
de bouteilles de vin vendues chaque année
au Québec proviennent de l’étranger.
Je me vois obligé d’exporter mes produits
pour écouler ma marchandise et ça me
fait mal au cœur.» il aimerait voir les taxes
diminuées sur les produits locaux pour
permettre aux viticulteurs québécois la
mise en marché de leurs produits à des
prix compétitifs sur les tablettes de la
sAQ, et ainsi inciter les Québécois à en
consommer davantage.
un verre de bière,
mon minou?
Jusque dans les années 1990, la
bière était l’alcool de prédilection des
Québécois. elle s’est fait damer le
pion par le vin depuis, mais l’industrie
brassicole n’a jamais été aussi dynamique,
comme en témoigne l’existence de quelque
25 microbrasseurs qui embouteillent
environ 185 variétés de bières.
sur le plan de la production, quelques
innovations font des vagues : le brasseur
madelinot À l’abri de la tempête, par exemple,
est le premier à transformer lui-même
son orge (récoltée dans la région) en malt.
Aussi, de plus en plus de microbrasseurs
s’approvisionnent à la malterie Frontenac,
située à thetford Mines, au lieu d’acheter
le malt déjà torréfié à de grandes compagnies
canadiennes ou américaines. dans
les Cantons-de-l’est, les brasseurs du
Hameau ont un projet en chantier, celui
de fabriquer leurs propres souches de levure,
l’ingrédient qui donne à la bière sa
saveur et ses principales caractéristiques.
d’autres producteurs québécois ont commencé
à cultiver le houblon, présentement
en pénurie mondiale.
Les plus enthousiastes surnomment le
Québec la «P’tite belgique».
À l’épicerie Les délires du terroir, située
sur la Plaza st-Hubert à Montréal, les bières
locales sont à l’honneur. depuis cinq
ans, son propriétaire sylfranc Côté assiste
à une réelle explosion de petits brasseurs,
qui grugent des parts de marché
aux plus gros.
Parmi ceux qui se distinguent, il cite la
brasserie Charlevoix, à baie-saint-Paul,
connue pour ses dominus Vobiscum (une
gamme d’inspiration belge qui comprend
notamment une blanche et une ambrée),
et sa curieuse Vache Folle Milk stout,
une bière noire édulcorée au lactose. Le
brasseur dieu du ciel! (à saint-Jérôme),
avec sa subtile rosée d’hibiscus, une
blanche aux fleurs d’hibiscus, se démarque
également.
Pour profiter de la riche palette de saveurs
des microbrassées, sylfranc Côté et Annie
Auger, sa partenaire dans la vie comme en
affaires, encouragent les consommateurs
à boire les bières autrement qu’en apéro.
ils suggèrent des accords bières et fromages
québécois, comme l’alliage Pied-de-
Vent et La récompense, une ale anglaise
bitter de brasseurs & Frères. «L’important
est de manger le fromage d’abord, sans
quoi le goût de la bière écrase celui du
fromage», précise sylfranc Côté. et selon
Annie Auger, un bon stout avec un gâteau
au chocolat est un mariage «hallucinant»!