Jobboom - IndexJobboom - Jobboom - Le Magazine - Édition novembre 2008 - IndexLe retour du cidre
Depuis sa légalisation en 1970 (avec la
création de la Commission des liqueurs,
en 1921, il était devenu illégal), le cidre a
fait du chemin. La production massive des
années psychédéliques a fait place à une
industrie à plus petite échelle. Tant mieux.
«À l’époque, les cidres fermentaient dans
les vitrines des dépanneurs plutôt que
dans les barriques des producteurs! Ça
donnait de terribles maux de tête, se souvient
Michel Jodoin, cidriculteur. On est
maintenant de retour à une production
artisanale, avec des contrôles de qualité
plus élaborés.»
Résultat : les cidres québécois sont décorés
de médailles dans des concours
canadiens et internationaux. Par exemple,
la cuvée 2006 du cidre tranquille Dégel,
de La Face Cachée de la Pomme (un producteur
de Hemmingford), a remporté la
médaille d’or au concours All Canadian
Wine Championships de 2008.
Les boissons à base de pommes font
également des nouveaux adeptes. «Les
jeunes, qui n’ont pas connu les années
noires du cidre, en consomment en fût
dans les bars. Particulièrement la gent
féminine, séduite par son côté sucré»,
avance Michel Jodoin.
Parmi la trentaine de cidreries artisanales
en activité au Québec, une poignée
seulement s’y consacrent exclusivement,
laissant de côté l’autocueillette et la vente
de produits dérivés. À lui seul, Michel
Jodoin produit 150 000 bouteilles par année,
incluant ce qu’il considère comme son
bijou, un cidre rosé effervescent fait avec
la Geneva, une pomme à chair rouge. En
règle générale, les cidres accompagnent
très bien les fromages québécois.
Et le cidre de glace? «Par son caractère
unique, c’est le fleuron des produits québécois,
estime Xavier Burini. On le trouve
chez certains cavistes français et un peu
partout à travers le monde.» Il conseille de
le déguster avec un foie gras.
Hors des sentiers
battus par Le caribou
Avec l’apparition d’une myriade de nouvelles
liqueurs du terroir au cours des
producteur d’aLcooL :
mode d’empLoi
Au Québec, l’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe donne
une formation continue sur les rudiments de la culture de la vigne, les bases de
la vinification et les principales étapes de la production artisanale de boissons
alcooliques. L’École de viticulture et de vinification du Québec, une école itinérante,
offre des ateliers et des formations d’une journée.
Chez les professionnels, plusieurs producteurs ont appris sur le tas, guidés
par leur passion. Mais une formation plus approfondie en agriculture ou en
biologie peut se révéler utile. Avant d’ouvrir son vignoble Les Pervenches, à
Farnham, Michael Marler a d’abord fait des études en agriculture à l’Université
McGill, suivies d’un stage dans le sud de la France, où il a affiné ses connaissances
sur le vin et la vigne. Selon lui, les formations offertes au Québec ne
fournissent que les notions de base et pour en savoir plus, il faut voyager dans
les principaux pays producteurs.
Pour devenir producteur en bonne et due forme et commercialiser ses produits,
il suffit de détenir un permis délivré par la Régie des alcools, des courses
et des jeux. On doit d’abord fournir la preuve qu’on possède la matière première
nécessaire (verger, vignes, etc.), puis un inspecteur vérifie l’hygiène et
la salubrité de nos installations. L’étape suivante consiste à envoyer un projet
d’étiquettes et un échantillon du produit, qui sera analysé dans les laboratoires
de la SAQ pour s’assurer qu’il est propre à la consommation.
dernières années, le traditionnel verre de
caribou semble relégué, comme la ceinture
fléchée, aux célébrations du carnaval
de Québec.
Ainsi, le producteur L’Ambroisie de
Mirabel fabrique depuis 2004 des alcools
d’érable en laissant fermenter la sève
d’érable, au lieu d’ajouter simplement du
sirop ou du sucre d’érable à un alcool. L’entreprise
produit trois liqueurs – le Rupin
(qui rappelle le porto blanc), le Chimères
(un apéro) et, le petit dernier, le Roy
d’Hauteville (apparenté au xérès) – ainsi
qu’un mousseux – le Caldeira.
En Abitibi, la ferme Nordvie concocte
depuis 2003 des élixirs de fraises des
champs. Et du côté de l’hydromel, ceux
d’Intermiel, à Mirabel, du Clos des Brumes,
à La Présentation, en Montérégie, valent
le détour.
Parmi les produits moins nouveaux mais
toujours prisés : le Ricaneux, un vin apéritif
aux framboises et aux fraises produit
à Saint-Charles-de-Bellechasse; les liqueurs
et le vin fortifié de type porto Le
Capiteux fabriqués à base de cassis par
le producteur Cassis Monna & Filles, situé
à l’île d’Orléans; ainsi que l’eau-de-vie
Pom de vie et le brandy Calijo à la pomme,
produits par Michel Jodoin, à qui on doit
aussi l’ouverture de la première microdistillerie
au Québec.
Note : Certains de ces produits se trouvent
à la SAQ, dans des marchés publics
ou spécialisés, sinon directement chez le
producteur. Les bières artisanales sont
vendues dans certains dépanneurs et
certaines épiceries.
Le drink du temps des fêtes 2008
PhiliPPe haman, du bar la distillerie
Vin chaud à la québécoise
MOde de Vie | BOISSON DU TERROIR
PAR MarièVe desJardins
• 1 bouteille de vin rouge • 120 ml de brandy
du Vignoble de l’Orpailleur de pomme Michel Jodoin
• 2 bâtons de cannelle • 3 clous de girofle
• 1 pincée de muscade • 500 ml d’eau
• 5 ml de gingembre • Le zeste et le jus d’un citron
frais haché
• 120 ml de sirop d’érable
et d’une orange
Versez tous les ingrédients, sauf le sirop d’érable, dans une casserole et
portez à ébullition. Baissez le feu au minimum et laissez frémir une heure.
Ajoutez le sirop d’érable et remuez. Servez chaud dans des tasses.
Savourez.
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novembre-décembre 2008 vol9n°10
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