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Jobboom - Jobboom - Le Magazine - Édition novembre 2008 - Index

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jour de paie | mots clés
sudoKu-THÈMe© | exclusIon*
PAR alix reNaud © coPyRIgHt 2008
CoMMeNT jouer. le principe est le même que celui du sudoku classique
(chiffres de 1 à 9). la grille contient 9 carrés de 9 cellules (ou cases) devant
contenir chacune une lettre du mot exClusioN. toutes ces lettres doivent aussi
se retrouver, sans aucune répétition, sur chaque ligne et dans chaque colonne.
* Niveau : moyen
carriere.jobboom.com/magazine
novembre-décembre 2008 vol9n°10
Lire Le québec
au quotidieN
louIs coRnellIeR
chacun peut lire le journal sans trop se poser de question.
mais existerait-il une manière d’en appréhender la lecture?
c’est bien ce que croit louis cornellier.
ce chroniqueur du Devoir dévoile d’entrée de jeu son
amour pour les quotidiens d’ici. Il remonte aux souvenirs de
la petite enfance pour expliquer l’origine de sa passion pour
cette lecture.
Plus sérieusement, louis cornellier s’emploie à montrer
les axes de pouvoir qui contrôlent les médias d’ici en décrivant
les deux rivaux de la prise de parole quotidienne :
Quebecor, qui fonde son plan d’affaires sur la convergence,
et le groupe gesca, de Power corporation, propriétaire
de La Presse à montréal ainsi que de nombreux quotidiens
en région.
en parcourant sa présentation critique des principaux
chroniqueurs, le lecteur saisira aisément à quelle enseigne
loge louis cornellier. souverainiste convaincu et social-démocrate ne reniant guère le modèle
québécois, il dépeint les Pratte, Picher et dubuc avec une plume plus féroce que pour les Foglia
et nuovo. l’auteur dénonce aussi le «gros bon sens» servant de façade à des commentateurs
démagogues qui utilisent leur tribune à des fins de gloire personnelle.
le traitement de l’information occupe une place prépondérante dans l’ouvrage et l’auteur insiste
avec raison là-dessus. s’il ne faut pas confondre le service d’information et la ligne éditoriale
d’un journal, il n’en demeure pas moins que l’emplacement d’une nouvelle trahit bien souvent les
intérêts de celui-ci.
Ainsi, ce petit manuel critique remplit bien la mission qu’il s’est donnée : former des lecteurs et
non des journalistes. ces derniers auraient cependant avantage à le lire, au même titre que les
ouvrages pédagogiques qui leur sont destinés, tel Le métier de journaliste, de Pierre sormany.
(nouvelle édition, typo, montréal, 2008, 131 p.)
Par stéphane Plante
L’éthique avec
MafaLda
RogeR cevey
ceux qui ne prennent pas la bande dessinée
au sérieux ont déjà un sourire
au coin des lèvres. mais les fidèles de
mafalda, eux, savent depuis longtemps
que leur héroïne est bien plus qu’une
comic. c’est aussi ce qu’a constaté
Roger cevey, éthicien de profession, qui
a puisé dans l’univers du bédéiste Quino
de quoi illustrer les différents concepts de
l’éthique appliquée qu’il a l’habitude d’enseigner.
et bien qu’il l’ait d’abord conçu
pour des personnes ayant déjà suivi des
cours d’éthique, son ouvrage se laisse
facilement apprivoiser par les néophytes
comme votre humble serviteur.
comment en serait-il autrement lorsque
des grandes questions comme le jugement, la pédagogie morale ou la posture de l’éthique
sont abordées par l’entremise de mafalda et ses amis? Par exemple, pour évoquer
la négociation comme façon de résoudre les problèmes, l’auteur appelle miguelito qui,
devant sa prof lui demandant de résoudre 8 x 9, rétorque avec sagesse : «Inutile de
penser au-dessus de ses moyens... Je sais 8 x 5.» l’acte de penser (ou de ne pas le faire)
est illustré par l’insouciante susanita qui, délaissant le journal et son lot de mauvaises
nouvelles, se rassure : «Heureusement que le monde est tellement, tellement loin.»
si l’ouvrage s’appuie sur la bédé, il ouvre aussi des pistes de réflexion nous permettant
d’aller plus loin que les éclats de rire initiaux. toutefois, certains liens semblent un peu
tirés par les cheveux, et on peut penser que l’auteur aurait gagné à mieux choisir certains
exemples. mais ces quelques égarements ne suffisent pas à ternir l’ensemble de cette
lecture dont on ressort avec l’intention d’approfondir les notions d’éthique appliquée...
ou de replonger dans l’intégrale de mafalda.
(liber, montréal, 2008, 184 p.)
Par Pierre Frisko
documents
solutIon :
octobre 2008 vol9n°9
the Night
of the guN
dAvId cARR
Aujourd’hui au service du réputé New York Times,
le journaliste américain david carr a passé le
plus clair des années 1980 plongé dans l’enfer
de la drogue, comme le veut l’expression consacrée.
dans The Night of the Gun, il entreprend
de raconter cette période de dépendance – sa
consommation prodigieuse d’alcool et de
drogues dures, son attitude odieuse envers ses
proches, sa violence envers ses petites amies,
ses nombreuses bourdes professionnelles –
ainsi que sa rédemption, provoquée par la naissance
de ses filles jumelles.
Partant du principe que la mémoire est une
faculté qui oublie, particulièrement sous l’effet
du crack et de la cocaïne, carr utilise une approche
qu’il connaît bien pour revisiter son passé :
la méthode journalistique. comme s’il enquêtait
sur une histoire autre que la sienne, l’auteur interviewe ainsi tous les acteurs principaux
de son ancienne vie, dans l’espoir d’en arriver à une version aussi près de la réalité que
possible. Anciennes flammes, parents et amis, copains junkies, vendeur de dope,
travailleurs sociaux des centres de désintoxication
qu’il a fréquentés, policiers l’ayant arrêté : tout le
monde est interrogé.
ce procédé confère au récit une crédibilité précieuse
en cette époque post-James Frey – un
Américain dont le récit «autobiographique» de
toxicomanie s’est révélé presque entièrement
fabriqué il y a quelques années, au grand dam de
ses éditeurs et de ses lecteurs. le résultat est
honnête et cru, sans toutefois sombrer dans le
pathos ou le sordide, et confirme aux lecteurs qui
en douteraient que s’injecter de la cocaïne dans
les yeux est rarement une bonne idée.
(simon & schuster, new york, 2008, 400 p.)
Par corinne Fréchette-lessard